Les créatrices et créateurs de contenu produisent chaque jour des contenus québécois en culture, humour, éducation, information, divertissement et bien plus. Leur activité fait vivre une véritable économie. Pourtant, elles et ils se trouvent encore à la croisée de plusieurs secteurs, sans être pleinement reconnus par les mécanismes de soutien. L'ACRÉA porte neuf propositions pour reconnaître, structurer, faire rayonner et professionnaliser l'économie québécoise des créatrices et créateurs.
Une position de l'ACRÉA suit un parcours en 5 étapes avant d'engager l'association.
Reconnaître explicitement les créatrices et créateurs de contenu professionnels comme une composante à part entière de l'écosystème culturel et créatif québécois.
Cette reconnaissance doit se traduire par une meilleure prise en compte de leurs réalités dans les politiques et les programmes touchant la culture, l'entrepreneuriat, le numérique, l'innovation et l'exportation. L'ACRÉA propose aussi un examen des critères d'admissibilité des programmes existants, afin de repérer ce qui empêche aujourd'hui des créatrices et créateurs professionnels, des travailleurs autonomes et de petites entreprises de création numérique d'y avoir accès.
Doter le secteur d'institutions capables de le représenter, de documenter ses réalités et d'accompagner sa professionnalisation.
L'ACRÉA demande l'accès de l'association représentative du secteur à un financement pluriannuel pour ses missions de représentation, de concertation et de développement, le développement de services et d'outils professionnels pour les créatrices et créateurs, et la création d'un programme sectoriel de formation et de professionnalisation. Les formations pourraient porter sur la fiscalité, les contrats, la propriété intellectuelle, la négociation commerciale, la gestion d'entreprise, l'intelligence artificielle, la cybersécurité, les normes publicitaires, la production, la monétisation et le développement international.
Adapter les mécanismes de soutien de l'État aux nouveaux modèles de création et de production numérique.
Les créateurs professionnels, les travailleurs autonomes et les petites entreprises devraient avoir accès à des mécanismes adaptés pour produire des contenus originaux québécois : vidéo, balado, documentaire numérique, vulgarisation, éducation, humour, diffusion en direct et autres formats émergents. Plutôt que de reproduire les modèles de financement de l'audiovisuel traditionnel, ces mécanismes devraient tenir compte de la rapidité de production, des modèles économiques et de la relation directe avec les publics. Le soutien à l'équipement, aux logiciels et aux nouvelles technologies pourrait aussi devenir une dépense admissible lorsqu'il renforce la capacité de production.
Intégrer explicitement les créateurs socionumériques et leurs contenus aux stratégies québécoises de découvrabilité des contenus culturels francophones.
Créer des contenus québécois ne suffit plus : encore faut-il qu'on puisse les découvrir. Une part grandissante de la consommation culturelle passe par les algorithmes de recommandation des grandes plateformes. Les mesures soutenues pourraient toucher le développement des publics, les métadonnées, le référencement, l'adaptation des contenus, le sous-titrage, la traduction, la promotion et les technologies qui améliorent la découvrabilité.
Ouvrir davantage aux créatrices et créateurs professionnels les mécanismes québécois de développement de marchés et d'exportation.
Des créatrices et créateurs québécois rejoignent déjà des publics importants hors du Québec et font rayonner la culture, la langue et la créativité québécoises. Les mesures pourraient soutenir la participation à des événements professionnels internationaux, les missions commerciales, les collaborations entre créatrices et créateurs d'ici et d'ailleurs, le développement de publics étrangers, la traduction, le doublage et l'adaptation des contenus, ainsi que l'accès aux marchés francophones et internationaux. Le Québec doit voir ses créatrices et créateurs comme des producteurs et des exportateurs de propriété intellectuelle.
Mandater les organismes publics compétents, avec l'ACRÉA et le secteur, pour produire périodiquement un portrait de l'économie québécoise des créatrices et créateurs.
Le Québec dispose encore de peu de données sur l'ampleur et l'évolution de ce secteur. Le portrait devrait mesurer notamment le nombre de créatrices et créateurs professionnels, leurs revenus, les emplois générés, les dépenses de production, les investissements publicitaires, les exportations, les plateformes utilisées, les publics rejoints, la place du français, les modèles de monétisation et les effets de l'intelligence artificielle. Ces données permettraient de bâtir les politiques publiques sur une compréhension réelle du secteur.
Mettre en place une table de travail réunissant le gouvernement, l'ACRÉA et les acteurs concernés pour améliorer la sécurité économique des créatrices et créateurs.
Les créatrices et créateurs professionnels sont surtout des travailleurs autonomes ou des entrepreneurs aux revenus souvent irréguliers. Les travaux pourraient porter sur les assurances collectives, l'épargne et la retraite, l'accompagnement fiscal, la protection du revenu et l'accès aux programmes destinés aux travailleurs autonomes.
Adapter les règles d'approvisionnement de l'État pour faciliter la participation des créatrices et créateurs professionnels et des petites entreprises québécoises aux campagnes publiques.
Les créatrices et créateurs savent rejoindre certains publics, notamment les jeunes générations. Le gouvernement, ses ministères, ses organismes et ses sociétés d'État consacrent déjà des sommes importantes aux communications numériques, à la sensibilisation et à la promotion. Ouvrir ces campagnes aux créatrices et créateurs d'ici développerait un véritable marché institutionnel québécois de la création de contenu, tout en aidant les institutions publiques à mieux joindre leurs publics.
Examiner, avec le secteur, les programmes économiques, les mesures fiscales et les outils de financement qui pourraient être adaptés aux entreprises et aux travailleurs autonomes de l'économie des créatrices et créateurs.
L'économie des créatrices et créateurs se situe à la rencontre de la culture et de l'entrepreneuriat. Le but n'est pas nécessairement de multiplier les programmes, mais de s'assurer que les outils québécois de développement économique tiennent compte de cette nouvelle catégorie d'entrepreneurs et de producteurs de propriété intellectuelle.
Ce sont les quatre principes autour desquels l'ACRÉA invite les décideurs à s'engager, pour que l'économie québécoise des créatrices et créateurs soit pleinement reconnue et contribue davantage à la vitalité culturelle, économique et numérique du Québec.
Données, positions, porte-parole : l'ACRÉA répond aux médias et aux institutions.